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Elle s'appelle Jeanne : un prénom prédestiné ! Comme D'arc, comme Hachette, elle incarne la révolte, le dévouement aux plus pauvres, le courage, la générosité et le goût de la justice. Des tendances innées, et qu'elle a du mal à expliquer. Agée aujourd'hui de 82 ans, Jeanne Meignan n'en démord pas : le criminel est un humain que la société n'a pas su entendre. Il a besoin d'amour. Et dans la mère infanticide, c'est d'abord la mère qu'elle retient. Jeanne qui a consacré 40 ans de sa vie aux prisonniers, a ressenti le besoin de témoigner. Alors elle a écrit ce livre qui rassemble ses souvenirs d'éducatrice carcérale puis de visiteuse de prison. Elle raconte des histoires humaines, dont nous faisons tous partie, victimes, coupables, ou témoins. A Valenciennes où elle habite, Jeanne n'a plus le droit de se rendre en prison, trop âgée selon la loi.Alors elle visite les malades en fin de vie. Des gens souvent seuls, certains en situation de précarité, qu'elle assiste jusqu'à leur dernier souffle. Ses récits ne sont jamais larmoyants. Est-ce parce qu'elle est croyante ? Et que la mort est pour elle un passage vers une autre vie ? Et puis, elle reçoit toujours des anciens détenus dont elle s'est occupée. Ils viennent la remercier. Lui dire qu'elle est toujours au coeur de leurs pensées. Ses enfants - elle en a douze - ont beau lui dire que c'est dangereux, que ces gens ont des réactions imprévisibles, et qu'on ne sait jamais... Jeanne s'entête. Le vrai danger, leur répond-elle, c'est l'égoïsme qui nous enferme dans notre petit confort quotidien. Avec Jeanne, pas de risques !